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Eau trouble

Je suis ravi que vous trouviez enfin cette courte lettre posée par mes soins sur la porte du hameau. Percevez-vous l’aura nouvelle de la fougue de bassin et la senteur des nouvelles pêches dans notre lieu connu ? Goutez un fruit  et décrivez en la saveur à un oiseau non carnassier.

Il était une fois, par colère, Latone poursuivie par Junon, élevant ses mains vers le ciel, poussa un cri. Elle voulait assouvir la soif de ses enfants. Pareillement, apaisez mon esprit reclus. Oubliez votre liberté et les visages plaisants, croisés en Orient, pensez que Latone dénia sa soif, à la faveur d’un emportement.

  Je vous ai écrit ces quelques phrases à la tiède interstice entre le soir et l’aube. Je me suis souvenu que jadis on caressait, ma retraite inexpérimentée d’enfant cadet. Mon souvenir dans votre pensée semblait condamné à une fuite sans répits, j’ai brûlé vos caresses de phrases, bleuissures tant blanchies par le temps. J’ai considéré qu’elle ne méritaient plus de réponse, tant mon plaisir était devenu sirupeux à force de chercher formule trop adéquate. Combien de temps cela fait-il déjà ?

Je voulais partager avec vous l’ébauche trouble de mes matins chers,  je distingue dans la crème du jour, douze mirages de vos flancs. Cela me procure une rêverie véritable et un plaisir à foison.

Dans allées de la closerie que nous connaissions ensemble : Vous verrez tracé, une écume de bourgeons, vous devinerez la semence du chemin, menée, vous éveillerez lors de votre visite en prononçant mon nom ; la conscience végétative d’un amant dévoué du fang de l’étang.



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